La transmission est probablement l’un des éléments les plus importants d’un vélo moderne. Elle détermine la manière dont la puissance du cycliste est transformée en mouvement, mais aussi la facilité avec laquelle il sera possible de grimper une côte, de maintenir une vitesse élevée sur le plat ou encore de relancer dans une descente.
Pourtant, lorsqu’on commence à s’intéresser sérieusement au matériel cycliste, le vocabulaire peut rapidement devenir déroutant : Shimano, SRAM, Campagnolo, 1x, 2x, 11 vitesses, 12 vitesses, 13 vitesses, mécanique, électronique, Di2, AXS, Wireless, cassette, pédalier, dérailleur arrière, dérailleur avant…
À première vue, choisir une transmission semble donc compliqué. En réalité, le principe est assez simple dès lors que l’on sépare les différentes notions.
Une transmission se compose principalement d’un pédalier, d’une ou de deux couronnes à l’avant, d’une cassette à l’arrière, d’une chaîne et d’un ou plusieurs dérailleurs. Les commandes situées sur le cintre permettent au cycliste de sélectionner le rapport souhaité. Sur un groupe mécanique, cette commande agit généralement par l’intermédiaire d’un câble. Sur un groupe électronique, elle transmet une information électrique à un moteur qui déplace le dérailleur.
Les trois grands fabricants historiques du haut de gamme routier sont Shimano, SRAM et Campagnolo. Chacun possède sa propre philosophie. Shimano mise depuis longtemps sur une grande cohérence entre ergonomie, précision et fiabilité. SRAM a profondément contribué à populariser le changement de vitesses électronique sans fil et les transmissions 1x et à large plage. Campagnolo conserve une identité très particulière, avec une approche haut de gamme et une forte culture de la mécanique de précision.
Le choix entre mono et double plateau est également devenu beaucoup plus important qu’auparavant. Le double plateau reste la solution de référence pour la route sportive, le cyclisme de compétition et les parcours nécessitant une grande variété de rapports. Le mono-plateau, ou 1x, séduit davantage les pratiquants de gravel, d’ultra-distance, de cyclisme aventure et ceux qui recherchent une transmission simple.
Enfin, l’électronique a progressivement quitté le domaine du très haut de gamme. Shimano propose par exemple le 105 Di2 en 2x12, tandis que SRAM décline sa technologie AXS jusqu’au Rival et à l’Apex. Campagnolo a de son côté fait évoluer sa plateforme vers le Super Record 13 sans fil.
Ce guide a donc un objectif simple : vous permettre de comprendre ce qui distingue ces transmissions et surtout de déterminer quelle configuration correspond réellement à votre pratique.
Avant de comparer les marques, il faut comprendre les composants.
Le pédalier est la partie située au niveau du boîtier de pédalier. Il comprend les manivelles sur lesquelles sont fixées les pédales et une ou plusieurs couronnes dentées appelées plateaux.
Avec un mono-plateau, il n’y a qu’un seul plateau.
Avec un double plateau, deux plateaux sont montés côte à côte. Le petit plateau permet généralement de disposer de développements plus faciles, tandis que le grand plateau permet d’obtenir des rapports plus longs.
La taille des plateaux est exprimée en nombre de dents. Un pédalier 50/34 possède donc un plateau de 50 dents et un autre de 34 dents. Un 52/36 comporte 52 et 36 dents.
Plus le plateau est grand, plus le rapport est long à cassette identique.
La cassette est constituée de plusieurs pignons installés sur la roue arrière. C’est elle qui fournit la majorité des variations de rapports.
Une cassette peut par exemple être composée de pignons allant de 11 à 34 dents. Le petit pignon de 11 dents est utilisé pour les rapports les plus longs ; le grand pignon de 34 dents sert au contraire à grimper plus facilement.
Le nombre de pignons correspond au nombre de vitesses disponibles à l’arrière : 10, 11, 12 ou désormais 13 dans certaines gammes.
Il ne faut toutefois pas croire que davantage de vitesses signifie automatiquement un meilleur fonctionnement. Le nombre de rapports n’est qu’un élément parmi d’autres.
La chaîne relie mécaniquement le pédalier à la cassette. Elle doit être adaptée au nombre de vitesses et au système utilisé.
Une chaîne 12 vitesses n’est donc pas simplement une chaîne « meilleure » qu’une chaîne 11 vitesses. Elle est conçue avec des dimensions et une précision correspondant à un système particulier.
Le dérailleur arrière déplace la chaîne d’un pignon à l’autre.
Sur une transmission double, le dérailleur avant déplace également la chaîne d’un plateau à l’autre.
Sur un système mono-plateau, le dérailleur avant disparaît. Cela simplifie considérablement le fonctionnement.
Les commandes sont intégrées aux leviers de frein sur la majorité des vélos de route modernes.
Chez Shimano, on parle notamment de Dual Control.
Chez Campagnolo, le système Ergopower possède une identité ergonomique propre.
Chez SRAM, les commandes AXS permettent de piloter électroniquement les dérailleurs sans câble de changement de vitesses.
Le nombre de vitesses est souvent mis en avant dans les fiches techniques. Pourtant, ce qui compte réellement pour le cycliste est la gamme de développements disponible.
Le développement correspond à la distance parcourue par le vélo pour un tour complet de pédale.
Il dépend de trois éléments :
la taille du plateau ;
la taille du pignon ;
la circonférence de la roue.
On peut simplifier le calcul ainsi :
Développement = circonférence de la roue × nombre de dents du plateau ÷ nombre de dents du pignon.
Prenons une roue dont la circonférence est proche de 2,10 mètres.
Avec un plateau de 50 dents et un pignon de 11 dents, on obtient environ :
2,10 × 50 ÷ 11 = 9,55 mètres par tour de pédale.
Avec un plateau de 34 dents et un pignon de 34 dents :
2,10 × 34 ÷ 34 = 2,10 mètres.
La différence est considérable.
C’est pourquoi deux transmissions possédant toutes les deux douze vitesses peuvent proposer des sensations totalement différentes.
Une cassette 10-36 possède une plage beaucoup plus large qu’une cassette 11-28.
De la même manière, un pédalier 52/36 est plus orienté vers la performance sur route qu’un 46/30 destiné à faciliter les longues ascensions.
Le bon choix ne consiste donc pas à demander simplement « combien de vitesses ? », mais plutôt :
Quelle plage de développements me faut-il ?
Shimano est probablement le nom le plus immédiatement associé aux transmissions de vélo contemporaines.
La marque japonaise propose des groupes couvrant une immense partie du marché, du vélo loisir aux machines de compétition.
Sur route, on rencontre notamment des familles telles que Tiagra, 105, Ultegra et Dura-Ace, avec des variantes mécaniques et électroniques selon les générations.
La philosophie Shimano repose traditionnellement sur une grande cohérence entre les différents composants.
Le fonctionnement mécanique utilise des câbles reliant les leviers aux dérailleurs.
Le système est simple à comprendre et relativement facile à entretenir. Une fois correctement réglé, il peut fonctionner pendant de nombreux kilomètres.
Le principal avantage du mécanique est sa simplicité.
Pas de batterie à recharger.
Pas de firmware à mettre à jour.
Pas de moteur électrique.
Pas de diagnostic électronique.
En contrepartie, les câbles et gaines vieillissent. La tension peut évoluer et les changements de vitesse peuvent devenir moins précis si l’entretien est négligé.
Di2 désigne la technologie électronique de Shimano.
Le cycliste appuie sur une commande et un signal électrique est transmis au système de déraillage. Le moteur du dérailleur effectue ensuite le déplacement.
L’un des avantages majeurs est la régularité du fonctionnement. Le passage de vitesse reste très précis sans dépendre directement de la tension d’un câble.
Le 105 Di2 a notamment démocratisé cette technologie dans une gamme plus accessible. Shimano documente actuellement une configuration 2x12 avec dérailleur arrière RD-R7150 et dérailleur avant FD-R7150.
Le principe est particulièrement intéressant pour les cyclistes qui roulent beaucoup et souhaitent conserver une qualité de changement de vitesse très constante.
Ultegra et Dura-Ace représentent les niveaux supérieurs de la gamme route Shimano.
Le Dura-Ace vise principalement la compétition et la recherche du poids minimal, de la précision et des performances maximales.
L’Ultegra constitue souvent une alternative extrêmement intéressante pour les cyclistes qui veulent bénéficier d’une grande partie des technologies haut de gamme sans atteindre le prix du groupe le plus exclusif.
Pour beaucoup de pratiquants, l’Ultegra représente ainsi un excellent compromis entre poids, fonctionnement, durabilité et prix.
SRAM a profondément changé le paysage de la transmission moderne.
La marque américaine s’est notamment distinguée avec eTap, puis avec AXS.
L’idée fondamentale est différente : au lieu de relier les commandes aux dérailleurs par des câbles de changement de vitesse, les systèmes AXS communiquent électroniquement.
SRAM décline aujourd’hui cette philosophie sur plusieurs niveaux de gamme, notamment RED, Force, Rival et Apex. Les gammes route AXS actuelles reposent notamment sur des transmissions 12 vitesses, tandis que l’offre SRAM met également fortement l’accent sur les configurations 1x.
Sur une transmission AXS, les leviers de commande communiquent avec les dérailleurs sans câble de changement de vitesse traditionnel.
Le dérailleur arrière contient sa propre batterie amovible.
Cette architecture simplifie énormément le montage d’un vélo.
Elle permet également de modifier le comportement des commandes grâce à la connectivité AXS.
SRAM permet ainsi de personnaliser certains paramètres du système, de consulter l’état des batteries et de gérer les mises à jour électroniques depuis son environnement AXS.
L’un des grands avantages est la modularité.
Un cycliste peut utiliser une configuration 1x pour le gravel ou l’ultra-distance, ou une configuration 2x pour la route.
La gamme X-Range a justement été pensée autour de cette idée : proposer une plage de rapports large tout en conservant des écarts suffisamment cohérents entre les vitesses.
Le Rival AXS est particulièrement intéressant parce qu’il fait descendre la technologie électronique sans fil vers un niveau de prix plus raisonnable.
SRAM met également en avant la possibilité d'intégrer un capteur de puissance directement dans certains pédaliers Rival.
Pour un cycliste amateur régulier, le Rival AXS peut donc constituer une solution très complète.
Campagnolo occupe une place particulière dans l’histoire du cyclisme.
La marque italienne possède une identité extrêmement forte et une culture du haut de gamme qui lui est propre.
Pendant des décennies, Campagnolo a développé ses propres standards, ses propres solutions ergonomiques et une philosophie très orientée vers la précision mécanique.
Aujourd’hui, la marque poursuit cette tradition tout en développant fortement l’électronique.
La plateforme Super Record 13 illustre parfaitement cette évolution.
Campagnolo propose désormais un groupe Super Record 2x13 Wireless, tandis que la gamme comprend également des configurations 1x13 destinées notamment à des usages plus polyvalents.
Campagnolo a franchi un nouveau cap avec le 13 vitesses.
Le Super Record 13 est une transmission double plateau sans fil.
La marque indique notamment des cassettes 10-29, 10-33, 11-32 et 11-36, associées à plusieurs combinaisons de plateaux.
L’intérêt n’est pas seulement d’ajouter un pignon.
Une vitesse supplémentaire permet de mieux répartir les rapports disponibles.
Sur une transmission double, cela peut permettre de conserver des écarts relativement faibles entre les rapports tout en augmentant la plage totale.
Campagnolo a également développé une solution Super Record 1x13.
Le constructeur présente cette transmission comme une configuration destinée notamment aux pratiquants recherchant simplicité, performance et polyvalence.
Cela montre bien l’évolution du marché : le mono-plateau n’est plus réservé au VTT.
C’est probablement la question la plus importante après le choix de la marque.
Faut-il choisir un vélo avec un plateau ou deux ?
La réponse dépend principalement de votre terrain.
Le double plateau offre une très grande plage de rapports.
Il permet également de disposer d’écarts relativement réduits entre les vitesses.
Prenons un exemple.
Avec un pédalier 50/34 et une cassette 11-34, on possède une large gamme allant d’un rapport très long à un rapport relativement facile.
Le passage du grand au petit plateau permet de changer rapidement de plage.
Sur une montée longue, le petit plateau permet de conserver une cadence confortable.
Sur le plat, le grand plateau permet de disposer de rapports longs.
Le double plateau est particulièrement adapté :
à la route sportive ;
aux cyclosportives ;
aux parcours vallonnés ;
à la montagne ;
à la compétition ;
aux cyclistes recherchant une grande finesse dans le choix de la cadence.
Le mono-plateau supprime le dérailleur avant.
Cela signifie moins de composants et une commande plus simple.
Le cycliste n’a plus à réfléchir au changement de plateau.
Toutes les vitesses sont disponibles depuis la cassette.
SRAM a particulièrement développé cette philosophie avec ses configurations 1x, notamment sur les transmissions AXS et XPLR. Les documents de compatibilité SRAM montrent par exemple des configurations 1x12 XPLR avec cassettes 10-44 et 11-44.
Le mono est donc particulièrement intéressant pour :
le gravel ;
l’ultra-distance ;
le bikepacking ;
les parcours mixtes ;
les terrains irréguliers ;
certains usages de cyclotourisme ;
les cyclistes qui privilégient la simplicité.
Le mono n’est pas parfait.
Si l’on veut obtenir une très grande plage de développements avec un seul plateau, il faut généralement utiliser une cassette à très grande amplitude.
Prenons une cassette allant de 10 à 44 dents.
La différence entre le petit pignon de 10 et le grand pignon de 44 est énorme.
Cela permet de grimper très facilement tout en conservant un gros développement pour les portions rapides.
Mais les écarts entre certains pignons sont forcément plus importants.
Sur route, cela peut gêner les cyclistes qui recherchent une cadence très précise.
Avec un double plateau, on peut répartir les rapports sur deux plages.
Le cycliste dispose ainsi de davantage de possibilités intermédiaires.
C’est l’une des raisons pour lesquelles le double plateau reste extrêmement pertinent sur route.
La course au nombre de vitesses est devenue un argument marketing important.
Mais passer de 11 à 12 ou de 12 à 13 vitesses ne transforme pas miraculeusement un vélo.
L’intérêt d’un pignon supplémentaire est surtout de mieux répartir les rapports.
Avec davantage de vitesses, on peut parfois conserver une cassette très large tout en réduisant certains écarts.
Cela améliore la continuité de la cadence.
Cependant, le nombre de vitesses doit être considéré avec la plage totale.
Un système 12 vitesses 11-34 peut parfaitement être plus adapté à un cycliste qu’un système 13 vitesses extrêmement haut de gamme.
La bonne transmission est celle qui correspond à la pratique.
L’électronique est séduisante, mais la transmission mécanique conserve de nombreux arguments.
Un système mécanique est facile à comprendre.
Le câble tire sur le dérailleur.
Le dérailleur se déplace.
La chaîne change de pignon.
Le diagnostic est généralement intuitif.
Une transmission mécanique n’a pas de batterie.
Cela peut sembler trivial, mais pour les voyages de plusieurs jours, c’est un avantage.
Le cycliste n’a pas besoin de penser à recharger son groupe.
À niveau de gamme comparable, une transmission mécanique peut être moins chère qu’une transmission électronique.
Cette différence peut être réinvestie dans les roues, les pneus ou le cadre.
Et dans beaucoup de cas, ces composants peuvent avoir une influence plus importante sur le comportement global du vélo.
Un câble peut être remplacé dans un atelier.
Une gaine peut être changée.
Un dérailleur mécanique peut être réglé sans logiciel.
Pour les voyages ou les longues distances loin des grands centres urbains, cette simplicité reste précieuse.
L’électronique apporte cependant de vrais avantages.
Le moteur déplace le dérailleur avec une grande précision.
Une fois le système correctement configuré, le changement de vitesse reste très régulier.
Une pression légère suffit.
C’est particulièrement intéressant pour les cyclistes ayant des problèmes de force dans les mains ou pour ceux qui passent de nombreuses heures sur leur vélo.
Un câble mécanique peut s’allonger ou se contaminer.
Un système électronique n’utilise pas ce mécanisme de tension.
Le fonctionnement reste donc très constant tant que la batterie est suffisamment chargée et que le système est correctement entretenu.
Les groupes électroniques modernes permettent également d’adapter le comportement des commandes.
SRAM AXS permet par exemple de personnaliser certains paramètres et de surveiller l’état du système depuis un smartphone.
Il faut cependant accepter une nouvelle contrainte.
Une transmission électronique a besoin d’énergie.
Il faut donc recharger les batteries.
Cela ne signifie pas qu’il faut brancher le vélo tous les soirs.
L’autonomie dépend du système et de l’utilisation.
Mais le principe reste le même : une batterie vide peut empêcher le changement de vitesses.
Pour cette raison, un cycliste utilisant un groupe électronique doit adopter une petite routine.
Avant une longue sortie :
vérifier la charge ;
vérifier que les composants communiquent correctement ;
vérifier l’état des batteries ;
vérifier que les commandes fonctionnent ;
éventuellement emporter un moyen de recharge adapté pour les voyages longs.
Il n’existe pas de vainqueur universel.
Les trois marques proposent d’excellentes transmissions, mais avec des philosophies différentes.
Shimano est particulièrement intéressant pour celui qui souhaite une transmission très répandue, facile à faire entretenir et bénéficiant d’un réseau de distribution important.
Le 105 est particulièrement pertinent pour le cycliste amateur.
L’Ultegra représente une montée en gamme logique.
Le Dura-Ace vise les performances maximales.
Le Di2 apporte l’électronique.
Pour un vélo de route polyvalent, Shimano constitue donc souvent une valeur sûre.
SRAM est particulièrement séduisant pour les cyclistes attirés par le sans-fil, le mono-plateau et les grandes plages de développement.
La philosophie AXS offre beaucoup de possibilités.
Le système est également particulièrement intéressant pour le gravel.
Les groupes Rival, Force et RED permettent de construire une hiérarchie cohérente selon le budget.
Campagnolo possède une image différente.
La marque s’adresse notamment aux cyclistes attachés au design, à l’histoire et à une approche très haut de gamme.
Le nouveau Super Record 13 montre que Campagnolo reste également à la pointe de la technologie, avec une architecture sans fil et 13 vitesses.
Une erreur fréquente consiste à choisir une transmission avant de définir l’usage du vélo.
Il faut faire l’inverse.
Pour un vélo destiné à la compétition sur route, le double plateau est généralement le choix le plus logique.
Les combinaisons 50/34, 52/36 ou plus grandes permettent de disposer d’une plage adaptée aux parcours rapides.
Le choix de la cassette dépend du terrain.
Sur un parcours plat, une cassette relativement serrée peut être intéressante.
En montagne, une cassette plus large devient avantageuse.
Pour un vélo d’endurance, le confort de pédalage est prioritaire.
Un développement relativement court est souvent préférable.
Un 50/34 associé à une cassette 11-34 ou similaire peut être très polyvalent.
Le gravel est le terrain où le mono devient particulièrement intéressant.
La simplicité du 1x est appréciable lorsque les chemins deviennent accidentés.
Le dérailleur arrière doit également maintenir correctement la chaîne.
SRAM propose notamment des architectures 1x pensées pour ces usages, tandis que Campagnolo propose désormais le Super Record 1x13 et le Super Record 13 X pour le gravel.
L’ultra-distance demande une approche différente.
La fiabilité devient presque aussi importante que la performance.
Un système simple, facile à diagnostiquer et offrant une plage très large peut être préférable à une transmission extrêmement complexe.
Le mono possède ici de sérieux arguments.
La cadence correspond au nombre de tours de pédale effectués par minute.
Une transmission adaptée permet au cycliste de conserver une cadence confortable.
Supposons qu’un cycliste soit à 90 tours par minute sur le plat.
S’il rencontre une montée, la résistance augmente.
Il doit soit produire davantage de force, soit utiliser un rapport plus facile.
Le changement de vitesse permet justement de maintenir la cadence.
C’est pourquoi les petits écarts entre rapports peuvent être appréciables.
Un cycliste de compétition peut préférer une transmission avec des rapports rapprochés.
Un cycliste de voyage peut accepter des écarts plus importants en échange d’une plage extrêmement large.
Une transmission haut de gamme peut coûter plusieurs milliers d’euros et économiser quelques centaines de grammes.
Mais il faut se demander si cette différence est réellement perceptible.
Le poids total du vélo dépend aussi :
du cadre ;
des roues ;
des pneus ;
de la selle ;
du cintre ;
de la tige de selle ;
des accessoires.
Une transmission légèrement plus lourde peut parfois être le meilleur choix financier.
Un groupe milieu de gamme moderne offre déjà des performances remarquables.
Le budget économisé peut alors servir à acheter de meilleures roues ou des pneus plus performants.
C’est l’un des sujets les plus importants lors d’une évolution de transmission.
Tous les composants ne sont pas universellement compatibles.
Il faut notamment vérifier :
le nombre de vitesses ;
la cassette ;
la chaîne ;
le corps de roue libre ;
le dérailleur ;
le pédalier ;
les commandes ;
le type de freinage ;
le boîtier de pédalier ;
la capacité maximale du dérailleur.
SRAM publie par exemple des tableaux de compatibilité détaillés pour ses systèmes 12 vitesses.
Campagnolo publie également ses configurations de compatibilité pour ses systèmes 13 vitesses.
Il est donc fortement déconseillé d’acheter séparément plusieurs composants simplement parce qu’ils affichent tous le même nombre de vitesses.
Deux transmissions 12 vitesses ne sont pas nécessairement compatibles entre elles.
Lorsqu’on change de cassette, il faut vérifier le corps de roue libre de la roue.
Différentes transmissions utilisent différents standards.
Une cassette peut donc ne pas être directement compatible avec une roue existante.
Avant d’acheter une nouvelle cassette, il faut vérifier le standard du moyeu arrière.
C’est particulièrement important lors du passage d’une génération ancienne à une transmission récente.
Le coût d’une cassette peut sembler raisonnable, mais si elle nécessite une nouvelle roue libre ou une nouvelle roue, le budget peut changer radicalement.
Le pédalier mérite une attention particulière.
Un cycliste puissant roulant principalement sur terrain plat peut apprécier un pédalier plus grand.
Un cycliste vivant dans une région montagneuse aura souvent intérêt à privilégier des plateaux plus petits.
Prenons trois configurations :
Très adaptée à la route sportive et aux parcours rapides.
Configuration extrêmement polyvalente.
Très intéressante pour l’endurance, le voyage ou les parcours très vallonnés.
Il ne faut cependant pas comparer uniquement le plateau.
La cassette doit être prise en compte.
Un 50/34 avec une cassette 11-34 peut offrir une plage extrêmement différente d’un 50/34 avec une cassette 11-28.
La cassette détermine en grande partie le caractère du vélo.
Une cassette 11-28 offre des rapports relativement rapprochés.
Elle est intéressante pour la route rapide.
Une cassette 11-34 augmente la capacité en côte.
Une cassette très large, comme une 10-44 ou une 10-50 selon le système, permet de couvrir un énorme éventail de situations, mais les écarts entre certains rapports deviennent plus importants.
Le cycliste doit donc choisir entre :
plage maximale
et
progressivité maximale.
Il est impossible d’obtenir simultanément une énorme plage et des écarts minuscules avec un nombre limité de pignons.
Comparer Shimano Di2 et SRAM AXS est particulièrement intéressant.
Les deux sont électroniques.
Mais leur architecture diffère.
Shimano utilise une architecture électronique propre à sa gamme.
La génération 105 Di2 2x12 documentée par Shimano utilise notamment des composants spécifiques et un dérailleur arrière électronique qui joue un rôle central dans le système.
Le système Shimano donne une impression de très forte intégration.
SRAM mise davantage sur l’architecture sans fil.
Les commandes communiquent avec les dérailleurs et les batteries sont amovibles.
L’AXS apporte également une importante dimension logicielle et de personnalisation.
Pour le consommateur, la différence fondamentale peut donc se résumer ainsi :
Shimano : intégration électronique très poussée.
SRAM : simplicité du sans-fil et personnalisation AXS.
Ces deux philosophies fonctionnent très bien.
Campagnolo propose désormais une architecture sans fil avec le Super Record 13.
Le dérailleur arrière intègre une batterie amovible et la marque met en avant une recharge rapide ainsi que des fonctions de connexion et de diagnostic.
La transmission utilise également une architecture capable de gérer 13 rapports à l’arrière.
Campagnolo conserve ainsi son positionnement haut de gamme tout en adoptant les technologies modernes.
On peut simplifier les choses avec quelques profils.
Un groupe Shimano 105 constitue une excellente base.
Il offre suffisamment de rapports, une bonne ergonomie et une technologie déjà très aboutie.
Le 105 Di2 est intéressant si l’on veut directement passer à l’électronique.
Un Shimano 105 Di2 ou un Ultegra est très pertinent.
SRAM Rival AXS constitue également une excellente alternative.
Le choix dépendra surtout de l’ergonomie et du développement souhaité.
Ultegra Di2, Dura-Ace, Force AXS ou RED AXS sont des solutions très haut de gamme.
Le choix se fera davantage selon les préférences personnelles, le poids et l’intégration.
Le mono-plateau devient particulièrement intéressant.
SRAM AXS/XPLR est une solution très cohérente.
Campagnolo propose également des solutions 1x13 modernes.
Campagnolo Super Record 13, Shimano Dura-Ace Di2 et SRAM RED AXS sont naturellement dans cette catégorie.
Le choix devient alors autant émotionnel que rationnel.
Douze vitesses ne signifient pas automatiquement mieux que onze.
Il faut regarder la plage et les rapports réellement disponibles.
Une très grande cassette peut sembler séduisante.
Mais si vous roulez principalement sur du plat, vous risquez de subir des écarts inutiles.
Le mono est excellent, mais pas universel.
Pour un cycliste de route qui veut optimiser chaque changement de cadence, le double plateau peut rester supérieur.
L’électronique apporte beaucoup de confort.
Mais il faut accepter la batterie.
Un pédalier, une cassette et un dérailleur portant tous la mention « 12 vitesses » ne constituent pas forcément un système compatible.
L’entretien est relativement simple.
La première règle consiste à conserver une chaîne propre et correctement lubrifiée.
Une chaîne sale accélère l’usure de l’ensemble.
Il faut également surveiller :
l’usure de la chaîne ;
les dents des pignons ;
les plateaux ;
les galets du dérailleur ;
les câbles ;
les gaines.
Lorsque la chaîne est trop usée, elle peut accélérer l’usure de la cassette et des plateaux.
Remplacer une chaîne au bon moment est donc souvent moins coûteux que remplacer toute la transmission.
L’électronique réduit certains besoins mécaniques mais en ajoute d’autres.
Il faut surveiller :
la charge des batteries ;
l’état des connexions ;
les mises à jour ;
les éventuels messages d’erreur ;
le fonctionnement des moteurs ;
l’état mécanique de la chaîne et de la cassette.
Il faut surtout éviter de croire qu’un groupe électronique ne nécessite aucun entretien.
Le changement de vitesse est électronique, mais la chaîne, les pignons et les plateaux restent soumis aux mêmes contraintes physiques.
Quelle que soit la marque, la chaîne reste extrêmement importante.
Une chaîne usée entraîne une dégradation progressive de la transmission.
Elle peut provoquer :
des changements de vitesse moins nets ;
des bruits ;
une augmentation des frottements ;
une usure accélérée des pignons.
Le remplacement préventif est donc une excellente stratégie.
Un cycliste qui roule beaucoup devrait régulièrement contrôler l’usure de sa chaîne.
Il n’existe pas de meilleur groupe dans l’absolu.
Il existe un meilleur groupe pour un usage donné.
Un groupe Dura-Ace peut être fantastique pour un compétiteur.
Mais il peut être totalement disproportionné pour un cycliste roulant tranquillement le week-end.
À l’inverse, un groupe mécanique simple peut être parfait pour un voyageur alors qu’un coureur professionnel recherchera autre chose.
La meilleure transmission est donc celle qui répond aux besoins réels.
Pour choisir correctement, il suffit de répondre à huit questions.
Plat, vallonné, montagne, chemins ?
Sorties courtes, longues sorties, ultra-distance ?
Débutant, amateur régulier, compétiteur ?
Plutôt agile ou plutôt en force ?
Si oui, le mono ou un double plateau avec cassette large peut être pertinent.
Si oui, le mécanique est très intéressant.
Si oui, Shimano Di2, SRAM AXS ou Campagnolo Wireless sont à considérer.
Il faut toujours garder une partie du budget pour les roues, les pneus et l’entretien.
Double plateau + 12 vitesses
C’est probablement la configuration la plus universelle.
Elle permet de rouler vite sur le plat tout en conservant une bonne capacité en montée.
Double plateau + cassette large
Le petit plateau devient prioritaire.
Une combinaison permettant de disposer d’un rapport très facile évite de grimper en force.
Mono-plateau + grande cassette
La simplicité est un avantage.
La plage doit cependant être suffisamment large.
Mono ou double selon le parcours
Le critère principal est la fiabilité.
Une transmission simple et facilement réparable peut être préférable.
Double plateau électronique
Le changement de vitesse rapide et précis est particulièrement intéressant.
Le marché de la transmission continue d’évoluer.
Le nombre de vitesses augmente progressivement.
Campagnolo a déjà introduit le 13 vitesses sur son Super Record 13.
L’électronique se démocratise également.
Chez SRAM, la technologie AXS est proposée sur plusieurs niveaux de gamme.
Chez Shimano, le 105 Di2 montre que l’électronique n’est plus exclusivement réservée aux groupes les plus chers.
Dans le même temps, le mono-plateau continue de progresser, particulièrement dans le gravel et les pratiques aventure.
L’avenir ne sera probablement pas celui d’une transmission unique.
Il sera plutôt celui de plusieurs architectures adaptées à différents usages.
Une excellente transmission ne doit pas nécessairement être la plus chère, la plus légère ou celle qui possède le plus grand nombre de vitesses.
Elle doit avant tout permettre au cycliste de trouver facilement le bon rapport.
Sur route, le double plateau conserve un avantage évident pour celui qui recherche une grande finesse dans les rapports.
En gravel et en aventure, le mono offre une simplicité particulièrement séduisante.
Le mécanique reste imbattable en matière de simplicité et de réparabilité.
L’électronique apporte une précision remarquable, une ergonomie moderne et une grande régularité.
Shimano représente une approche très polyvalente et particulièrement cohérente.
SRAM s’est imposé comme l’un des grands acteurs du sans-fil, du mono et de la personnalisation électronique avec AXS.
Campagnolo conserve une identité haut de gamme très forte tout en entrant pleinement dans l’ère du sans-fil et du 13 vitesses avec le Super Record 13.
Le plus important reste toutefois de ne pas se laisser enfermer par les chiffres.
Une transmission 12 vitesses n’est pas automatiquement meilleure qu’une 11 vitesses.
Un groupe électronique n’est pas automatiquement meilleur qu’un groupe mécanique.
Un mono n’est pas automatiquement plus moderne ou plus performant qu’un double.
Et un groupe haut de gamme n’améliorera pas nécessairement les performances d’un cycliste autant qu’une bonne paire de roues, des pneus adaptés ou un positionnement parfaitement réglé.
Le véritable choix doit commencer par le terrain, la distance, le niveau du cycliste et les sensations recherchées.
Si vous roulez principalement sur route et recherchez la polyvalence, partez sur un double plateau.
Si vous pratiquez principalement le gravel et souhaitez simplifier votre transmission, regardez sérieusement le mono.
Si vous privilégiez la simplicité et la facilité de réparation, le mécanique reste une valeur sûre.
Si vous recherchez la précision, l’ergonomie et les dernières technologies, l’électronique mérite clairement votre attention.
Et si vous hésitez entre Shimano, SRAM et Campagnolo, ne cherchez pas nécessairement un gagnant : essayez surtout de déterminer quelle ergonomie, quels développements et quelle philosophie correspondent le mieux à votre manière de rouler.
C’est finalement cela, le véritable objectif d’une transmission : transformer chaque coup de pédale en mouvement sans détourner l’attention du plaisir de rouler.