La Ergon CF Allroad Pro Carbon Setback représente une avancée majeure dans le monde des tiges de selle suspendues, spécialement conçue pour les pratiquants de gravel, d'all-road et même de route sur des surfaces imparfaites comme les routes pavées dégradées ou les chemins graveleux modérés. Issue d'un développement patient étalé sur plus de quinze ans, elle puise ses origines dans des prototypes audacieux présentés lors du salon Interbike en 2006, avant d'évoluer du modèle ancestral CF3 Pro, initialement cantonné aux usages routiers purs, pour embrasser pleinement les terrains mixtes classés ASTM 1 et 2 – c'est-à-dire tout ce qui va des pavés urbains bosselés jusqu'au gravel accessible sans verser dans l'extrême enduro. Avec son diamètre standard de 27,2 millimètres, elle s'intègre sans heurt dans la vaste majorité des cadres contemporains, qu'ils soient en carbone, en aluminium ou en titane, qu'ils datent des années 2010 ou des productions les plus récentes de 2026. La version setback se distingue par son recul généreux de 25 millimètres, qui favorise une position plus anatomique et reculée du bassin, particulièrement bienvenue lors des longues distances où l'on cherche à soulager la pression sur les mains et les épaules tout en maintenant une bonne puissance au pédalage. Son poids plume, mesuré à environ 238 grammes pour une longueur totale de 345 millimètres, en fait un choix privilégié pour les compétiteurs ou les amateurs de légèreté, avec une insertion minimale de 110 millimètres et maximale de 210 millimètres, ce qui impose une vérification attentive de la géométrie du cadre, surtout sur les top tubes très pentus où une tige plus longue pourrait être tentante. La charge maximale supportée culmine à 100 kilogrammes pour le pilote équipé, un seuil respectable mais à considérer sérieusement pour les bikepackers alourdis par des sacoches volumineuses ou des bidons multiples, car dépasser ce poids risque de compromettre la durabilité ou l'efficacité du système.
Ce qui élève véritablement cette tige au rang de référence, c'est son mécanisme breveté VCLS 2.0, acronyme de Vertical Compliance Lateral Stiffness, incarné par deux demi-coques sculptées en carbone unidirectionnel haute modulus qui s'emboîtent pour former un tube circulaire parfaitement rond, agissant comme un ressort à lames sophistiqué – un leaf spring avancé capable d'absorber jusqu'à 20 millimètres de débattement vertical sous impacts, sans recourir à des pivots mécaniques traditionnels, à de l'huile de suspension ou à des bushings qui demandent un entretien régulier. Cette architecture hybride conjugue une flexibilité verticale généreuse pour gommer les vibrations hautes fréquences issues des routes crevassées ou des cailloux discrets, à une rigidité latérale irréprochable qui préserve la transmission directe de la puissance aux roues, évitant tout effet de roulis parasite en virage ou lors des accélérations en danseuse. En substance, elle métamorphose un cadre rigide, souvent impitoyable sur les longues aventures mixtes, en un engin confortable capable de tenir la distance sur des journées entières, que ce soit pour une sortie dominicale de 150 kilomètres ou une étape de bikepacking transcontinentale. Les matériaux employés, un mélange méticuleux de fibres carbone toray T800 et T1000 orientées unidirectionnellement, confèrent non seulement cette légèreté record mais aussi une dissipation thermique exemplaire, évitant les points chauds inconfortables lors des journées estivales torrides où le soleil tape sur les composants noirs mat. Disponible également en version zero offset pour les puristes préférant une projection avant plus agressive, elle s'adapte à une palette large de morphologies et de styles de pilotage, des sprinteurs explosifs aux enduranceurs patients, tout en maintenant un prix d'environ 250 euros qui, bien que premium, se justifie amplement par sa longévité et ses performances mesurables.
Plongeons plus profondément dans le cœur battant de cette tige : les deux demi-coques carbone, usinées avec une précision chirurgicale, s'assemblent harmonieusement pour créer non seulement la forme cylindrique requise mais aussi le ressort intégré, fixé en partie supérieure par le fameux Flip Head, un collier de serrage rotatif à 180 degrés conçu pour accueillir indifféremment des rails de selle ronds de 7x7 millimètres ou ovalisés 7x9 millimètres, offrant une polyvalence rare sur le marché. En partie inférieure, un boulon M6 fileté dans un insert métallique collé solidement unit les lames tout en servant de point d'articulation pour l'ajustement d'inclinaison : il suffit de le desserrer légèrement pour faire glisser l'une des moitiés vers le haut et l'autre vers le bas, pivotant ainsi le Flip Head et inclinant la selle avec une précision millimétrique, sans nécessiter d'outils exotiques au-delà d'une clé Allen de 5 millimètres. Cette opération, bien que intuitive une fois maîtrisée, requiert un rodage initial de 10 à 15 minutes lors de la première pose, car le sag – cet affaissement naturel sous le poids du pilote – varie sensiblement : un rider de 70 kilogrammes optera pour une exposition généreuse de la tige afin de maximiser le flex et l'amorti, tandis qu'un gaillard de 95 kilogrammes réduira l'insertion pour contenir le mouvement et éviter un effet trop mou qui pourrait diluer la réactivité. Pour une installation optimale, commencez toujours par un contrôle rigoureux du tube de selle du cadre : assurez-vous qu'il est impeccablement propre, exempt d'arêtes vives ou de burrs qui pourraient rayer le carbone poli, appliquez une fine couche de graisse spécifique carbone (sans excès pour prévenir tout glissement hasardeux), positionnez la selle à sa hauteur habituelle augmentée de 2 à 5 centimètres pour anticiper le sag mesuré en statique autour de 10 à 15 millimètres, puis serrez le Flip Head à 5-6 Nm pour les rails et le boulon basal à 8-10 Nm pour l'assemblage des lames. Une fois en selle, sur une route lisse et asphaltée, la sensation inaugurale est d'une subtilité exquise : un flottement arrière imperceptible, comparable à un pneu haute volume qui perdrait imperceptiblement de sa pression, autorisant un maintien constant de la position assise même sur les petites ondulations ou les joints de dilatation, sans jamais forcer à se lever pour absorber les micro-chocs. Cette discrétion est précisément son génie : elle n'intervient pas ostensiblement comme un amortisseur de VTT criard, mais prépare le terrain pour les défis plus rudes, instillant dès les premiers kilomètres une confiance instinctive qui incite à pousser plus loin, plus vite, plus longtemps.
C'est sur les terrains gravel rapides, les sentiers forestiers bosselés ou les portions de route criblées de nids-de-poule que l'Ergon CF Allroad Pro révèle toute sa splendeur : les chocs violents se transforment en ondes douces et progressives relayées aux pédales plutôt qu'au bassin ou à la colonne vertébrale, préservant ainsi une réserve d'énergie précieuse pour les ascensions ou les finishs sprintés, permettant au pilote de rester assis et de pédaler avec fluidité sans interruption ni fatigue cumulative. Des tests indépendants et reproductibles valident ces impressions subjectives avec une objectivité implacable : comparée à une tige carbone rigide haut de gamme comme la FSA K-Force Light, reconnue pour sa flex innée modérée, l'Ergon excelle en absorbant 7,9 pour cent de vibrations supplémentaires sur des sentiers bumpy équipés de pneus GravelKing SK de 43 millimètres gonflés à 40 psi, et 6,4 pour cent sur du gravel rapide à seulement 20 psi de pression – des écarts non négligeables qui, cumulés sur des heures de roulage, transforment une sortie potentiellement douloureuse en une expérience de plaisir pur et durable. Avec un débattement réel dynamique oscillant entre 12 et 18 millimètres selon le poids du pilote et la nature du terrain – facilement vérifiable par un test tactile du doigt pendant la conduite –, elle maintient une rigidité latérale irréprochable qui éradique tout sway en courbe ou toute perte de propulsion directe, tandis que la dissipation thermique du carbone unidirectionnel prévient les surchauffe locales lors des efforts prolongés sous soleil d'août. Associée à des pneus de 38 à 45 millimètres en basse pression (25-35 psi pour le gravel), elle crée une synergie multiplicative où l'ensemble vélo semble flotter au-dessus des irrégularités, boostant l'adhérence perçue et la vitesse moyenne sans alourdir la bête d'un demi-kilo comme le ferait une fourche suspendue dédiée. Sur des épreuves emblématiques comme l'Unbound Gravel ou des simulations de Paris-Roubaix moderne, elle brille par sa capacité à filtrer le pavé ancestral sans diluer les watts investis, autorisant des cadences élevées maintenues sur 200 kilomètres sans numb aux mains ou aux ischions, un atout inestimable pour les cyclistes de fond qui refusent de sacrifier la performance à l'optique du confort.
Les retours des testeurs professionnels et des communautés gravel convergent vers un consensus élogieux, érigeant cette tige au rang de graal pour les upgrades de cadres rigides. BikeRadar, après un essai approfondi sur un bike de course optimisé pour l'Unbound, lui attribue une note éclatante de 4,5 sur 5, la décrivant non comme un amortisseur classique mais comme l'équivalent de pneus plus larges et plus souples : aucun bobing distracteur sous pédalage cadencé, juste une réduction chirurgicale du chatter routier et des potholes qui garde le rider frais et alerte pour les phases finales d'endurance races, pédalant à travers le terrain rough sans jamais devoir se hisser hors de la selle. CyclingAbout pousse l'enthousiasme plus loin en la qualifiant de "ground-breaking change" pour sa faculté à permettre de rester assis lors des hits majeurs, maximisant à la fois l'enjoyment subjectif et la vitesse objective, avec un rodage express où tout bob initial s'efface au profit d'une fluidité parfaite après une dizaine de sorties. RidingGravel met en lumière son esthétique premium irréprochable et sa finition léchée, notant que le setback de 25 millimètres accentue perceptivement le flex par rapport à la version zero offset, un boon pour les positions agressives en drop bars typiques du gravel racing. Sur les forums dédiés au gravel, les groupes Facebook spécialisés et les chaînes YouTube influentes, les commentaires affluent dans le même sens : "la sainte graal pour les vélos gravel rigides", "zéro fatigue lombaire après 100 kilomètres mixtes", "idéale pour les vibes Paris-Roubaix sur pavés bosselés du Nord", avec des gains tangibles en vitesse et en confort par rapport à une tige rigide standard. Les points forts récurrents sautent aux yeux : sa légèreté mesurée à 237 grammes qui la rend 50 à 300 grammes plus aérienne que des concurrentes comme la Redshift ShockStop ou la Cane Creek eeSilk, sa simplicité absolue sans pièces mobiles sujettes à l'usure (zéro maintenance si gardée propre), et un prix d'environ 250 euros pleinement justifié pour un produit lauréat d'un Eurobike Award en 2012, subtilement upgradé pour l'ère gravel explosive des années 2020.
Malgré ses innombrables qualités, l'Ergon CF Allroad Pro n'échappe pas à quelques limites inhérentes à son design innovant, qu'il convient de maîtriser pour en tirer le meilleur. La charge maximale de 100 kilogrammes équipé écarte d'office les bikepackers surchargés de sacoches ou les utilisateurs d'hydratation packs massifs – un test préalable de votre setup complet s'impose pour éviter tout risque. L'insertion relativement courte, de 110 à 210 millimètres, peut poser souci sur les cadres aux top tubes excessivement slopés demandant jusqu'à 400 millimètres de profondeur, forçant parfois à un compromis sur la hauteur de selle. Le nettoyage méticuleux entre les lames carbone est impératif en conditions wet ou muddy : prévoyez 2 à 3 sessions par saison, en retirant la tige pour brosser délicatement avec de l'isopropyl et une brosse souple non abrasive, prévenant ainsi grincements, encrassement ou usure prématurée du composite. L'absence de tuning personnalisé par poids la rend one-size-fits-most : les lightweights profitent d'un flex maximal avec exposition généreuse, tandis que les heavies doivent limiter le sag en enfonçant plus la tige, sans les réglages fins offerts par des rivales comme l'eeSilk. La batterie Di2 ne trouve pas place dans ce design two-piece, obligeant un montage externe peu élégant sur les cadres intégrés. L'installation procède par trial-and-error pour le tilt et le sag idéal, et la sensation reste subtile si la tige est peu exposée au-dessus du cadre. Heureusement, ces négatifs demeurent mineurs face aux bénéfices colossaux, avec des utilisateurs ne regrettant souvent que son arrivée tardive au boom gravel des années 2020 – "pourquoi n'avoir pas lancé ça plus tôt pour révolutionner le rigid ?".
Pour exploiter pleinement son potentiel, suivez un protocole d'installation expert : vérifiez le tube de selle du cadre sans la moindre burr ou arête vive, appliquez une graisse carbone légère sans excès, montez la selle à sa hauteur antérieure plus 2-5 centimètres pour compenser le sag, serrez le Flip Head à 5-6 Nm pour les rails et le boulon basal à 8-10 Nm pour les lames, puis itérez 2-3 remontages pour affiner le tilt en glissant les moitiés verticalement. Sur route, validez la neutralité au pédalage : si bob excessif, réduisez l'exposition ; si trop rigide, hissez-la plus haut. Associez-la idéalement à des pneus de 38-45 millimètres en basse pression (25-35 psi gravel) pour une synergie explosive, ou vérifiez la compatibilité avec un dropper post via le clamp adapté. L'entretien saisonnier est simple mais non négligeable : inspectez visuellement après chaque sortie boueuse, nettoyez à l'isopropyl avec brosse douce, stockez verticalement à l'abri de l'humidité ; le carbone unidirectionnel endure 2-3 ans d'usage intensif si impeccablement entretenu, sans creaks rapportés même après des milliers de kilomètres. Astuces pro pour sublimer ses qualités : le setback booste la stabilité en climb et descente gravel ; pivotez le Flip Head pour un recul supplémentaire si votre fit présente un stack élevé ; comparez subjectivement à une tige rigide sur 100 kilomètres pour quantifier le gain ; en bikepacking, elle excelle pour "pédaler à travers le rough sans fatigue accumulée", gagnant des heures en selle précieuses. Sur des races comme l'Unbound, couplez-la à une fourche taper-cast pour une compliance full light sans surcharge pondérale.
Les performances quantitatives forgent sa légende : les tests de vibrations démontrent une supériorité estimée à 20-30 pour cent sur une tige alu straight classique, et 6-8 pour cent sur du carbone flex comme la FSA, avec une réduction RMS de 7,9 pour cent sur bumpy trail à 40 psi ressenti comme "rester assis en pédalant sereinement", et 6,4 pour cent sur gravel fast à 20 psi pour une fatigue minimale sur longues durées. Rigidité latérale préservée contre tout sway en cornering ou propulsion floue, dissipation thermique carbone sans hotspots estivaux. Face aux rivaux, elle domine : plus légère et simple que la ShockStop avec ses pivots graisseux, plus gravel-oriented que l'eeSilk road-focused, unique leaf design sans perte d'énergie. Forums français comme Alltricks ou BikeComponents confirment 4,5-5 étoiles pour le confort, avec tips récurrents sur "nettoyage clé" et "parfait pour gravel rigid". Témoignages users : groupes gravel "no more numb hands/ass après 4h", reviewer Unbound "worth every gram vs fork heavy", idéale pavé bosselé sur alu/carbon seamless ; rares drawbacks comme "trop saggy fully loaded" résolus en ajustant exposition. Satisfaction globale à 90 pour cent plus, "must-have upgrade rigid gravel". Si inadaptée : Redshift pour tuning/heavy, eeSilk pur road. Mesurez stack height et pesez-vous geared pour custom fit ; perspectives futures évoquent Di2-integrated ou 31,6 mm. En définitive, elle redéfinit le confort gravel sans compromettre la vitesse pure, un investissement incontournable pour tout enthusiast sérieux en quête d'excellence roulante.