En 5 mois et des milliers de kilomètres, Xiao traverse la Chine à vélo, des gratte-ciels de Canton aux déserts du Xinjiang. Ce périple est une ode à la résilience et à l'hospitalité.
Le voyage est rythmé par des contrastes brutaux : il affronte des tempêtes de neige à 4 800 m d'altitude avant de subir la fournaise du désert du Taklamakan à 48°C. Entre deux cols, il assouvit sa passion pour l'escalade sur les parois de Liming ou d'Urumqi.
Malgré d'incessantes galères techniques (crevaisons, dérailleur brisé), il est constamment secouru par la générosité des locaux : bergers tibétains ou policiers du désert lui offrent nourriture et abri. Fasciné par la modernité des infrastructures chinoises et la sécurité totale du pays, Xiao livre un témoignage sincère qui brise les clichés occidentaux. Il achève son aventure à Kashgar, prêt à entamer son prochain chapitre en Asie Centrale.
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Le voyage débute par un choc : celui de la densité urbaine de Guangzhou. Xiao raconte avoir passé des journées entières à pédaler entre les voitures et le béton sans apercevoir un seul arbre. Pour sortir de cette "cage", il doit parcourir près de 150 km.
L'anecdote du masque : Sur une route extrêmement poussiéreuse et dégradée, un motard le rattrape pour lui offrir un masque de protection. Ce geste simple mais vital marque le début de sa fascination pour l'altruisme spontané en Chine.
Premier bivouac : Sa première nuit "sauvage" se passe à l'entrée d'un temple. C'est là qu'il teste pour la première fois son réchaud pour cuire ses nouilles après 95 km d'efforts.
En entrant dans le Yunnan, les paysages deviennent spectaculaires, mais la logistique se corse.
La vis à 1$ : En plein milieu d'une ascension, une vis critique de son pédalier se casse net. Sans cette pièce, le vélo est inutilisable. Il réussit à atteindre un village où un mécanicien local lui trouve une solution de fortune pour environ 1$. Xiao en tire une leçon : "Tout arrive pour une raison", car cette panne lui permet de rencontrer un autre cycliste voyageur avec qui il partagera une partie de la route.
L'ascension émotionnelle : À Dali, il décide de laisser son vélo pour gravir le Mont Cangshan (4 122 m). L'ascension est brutale : il doit s'agripper à des fleurs et des rochers pour progresser dans une neige profonde. Arrivé au sommet, il craque et filme ses larmes, s'interrogeant à voix haute sur le sens de cette souffrance volontaire : "Pourquoi est-ce que je fais ça ? Je n'en ai aucune idée".
Xiao traverse des régions où la culture Han laisse place aux traditions tibétaines (Shangri-La).
Hospitalité au sommet : Alors qu'il est épuisé par le froid et l'altitude, une famille tibétaine refuse de le laisser dormir sous sa tente par une nuit glaciale. Ils l'invitent dans leur maison, lui offrent du riz et un lit chaud. Il est frappé par cette générosité envers un étranger qui ne parle pas leur langue.
Le passage des 4 800 m : C'est le point culminant de son trajet à vélo. L'air est si rare qu'il doit respirer deux fois plus pour le même effort. Il traverse un tunnel de 2,5 km totalement plongé dans le noir, une expérience terrifiante entre les camions et le bruit assourdissant.
Dans le Gansu et le Xinjiang, Xiao change de stratégie pour affronter la chaleur et le vent.
Le vent de face : À certains moments, le vent est si fort qu'il doit pédaler en descente pour ne pas s'arrêter. Il avance à 5 km/h sur du plat, ce qui le pousse au bord de l'épuisement nerveux.
L'anecdote de la pastèque : Dans le désert, il explique que la nourriture devient une obsession. Un inconnu s'arrête pour lui donner une pastèque entière. Pour lui, ce fruit devient "bien meilleur qu'un bol de nouilles" ou n'importe quel soda, symbolisant la survie dans l'aridité.
Le Taklamakan en "Ultra" : Il décide de traverser ce désert de 600 km en un temps record. Il transporte 16 litres d'eau. La température grimpe à 48°C. Il décrit la sensation d'être "comme un poisson hors de l'eau". Paradoxalement, il finit par trouver la traversée "facile" car la route est jalonnée de postes de police tous les 100 km qui lui offrent de l'eau et de la nourriture.
Tout au long du film, l'escalade est son fil rouge.
Liming et les fissures : Il découvre le "trad climbing" (escalade traditionnelle) à Liming. Il explique que c'est un sport de friction où "ta peau supporte tout ton poids". Il se filme dans des fissures négatives, hurlant d'effort, pour finalement admirer des vues que peu de voyageurs voient.
La communauté d'Urumqi : À la fin du voyage, il dort dans une salle d'escalade à Urumqi. Il est intégré instantanément par les grimpeurs locaux, avec qui il partage des cours de sécurité et des sorties en falaise, prouvant que la passion sportive brise toutes les barrières culturelles.
Xiao termine son récit à Kashgar, une ville aux airs de Moyen-Orient. Ses conclusions sont fortes :
Sécurité : Il a laissé son vélo avec son ordinateur et son GPS sans surveillance pendant une semaine ; rien n'a bougé. "En Europe, il aurait été volé en une heure".
Modernité vs Retard : Il estime que l'Europe est "en retard" sur bien des points technologiques (paiements mobiles, logistique, infrastructures) par rapport à la Chine actuelle.
Le message : Il finit par dire que les médias occidentaux ne montrent souvent que le mauvais côté de la Chine, mais que la réalité du terrain est faite de paysages grandioses et de gens incroyablement accueillants.
Au-delà des paysages, ce voyage est une bataille constante contre l'usure du matériel. Xiao partage ses frustrations avec une sincérité rare :
Le cauchemar du "Tubeless" : Xiao passe une grande partie du voyage à maudire la technologie tubeless (pneus sans chambre à air). À plusieurs reprises, le liquide préventif ne parvient pas à boucher les trous dans le désert. Il finit par installer des chambres à air, mais découvre qu'elles éclatent à cause de la chaleur ou des débris métalliques restés dans le pneu. "C'est la dernière fois que je veux entendre parler de tubeless", lance-t-il, à bout de nerfs, après avoir réparé quatre crevaisons dans la même journée.
La casse du dérailleur : Alors qu'il s'apprête à attaquer les montagnes du Tian Shan, son dérailleur l'abandonne. La pièce est tordue, menaçant de mettre fin à son voyage. Par chance, il se trouve à proximité d'une zone habitée et réussit à trouver une pièce de rechange, mais il réalise que s'il avait été en haute montagne, la situation aurait pu devenir critique.
Le voyage de Xiao est une leçon d'anthropologie en mouvement. Il observe la transition entre l'ethnie majoritaire Han et les minorités du Nord-Ouest :
Les "Kazakhs Chinois" : Sous une pluie battante dans les montagnes, il est recueilli par des bergers kazakhs. Il est fasciné de découvrir qu'ils parlent kazakh tout en étant citoyens chinois. Il passe la soirée à discuter avec un jeune de 24 ans de leurs modes de vie respectifs, réalisant que malgré les frontières, leurs aspirations sont similaires.
Le choc culturel au Xinjiang : À mesure qu'il approche de Kashgar, les visages changent. Les gens ne parlent plus mandarin mais ouïghour. Il se retrouve à jouer au football avec des enfants pour communiquer, car les adultes ne comprennent pas ses signes. "C'est comme si j'étais déjà dans un autre pays", note-t-il.
Le film montre le corps de l'athlète mis à rude épreuve par des écarts de température violents :
De la congélation à la fournaise : En l'espace de 24 heures, Xiao passe de températures négatives où il "gèle à mort" dans les descentes de cols à une chaleur de 45°C à Turpan, la ville la plus basse et la plus chaude de Chine. Il décrit ses yeux qui "brûlent" à cause de l'air sec et brûlant.
La tactique de la sieste : Pour survivre au soleil du désert, il adopte un rythme de vie radical : il se lève à 6h du matin, pédale jusqu'à midi, puis cherche désespérément de l'ombre (parfois sous un simple pont ou dans un poste de police abandonné) pour dormir jusqu'à 16h avant de reprendre la route.
Xiao documente avec stupéfaction la modernité des infrastructures chinoises, même dans les zones les plus reculées :
Les casiers automatisés : Pour réparer son vélo, il commande des pièces sur une application. Elles sont livrées dans des casiers automatiques au milieu de nulle part. Il lui suffit de scanner un QR code pour récupérer son colis. "Tout est automatisé, c'est d'une efficacité redoutable", explique-t-il en récupérant son nouveau pédalier.
La dépendance au téléphone : Il souligne qu'en Chine, "sans téléphone, tu es mort". Tout se fait via les applications (paiement, navigation, traduction). Lorsqu'il tombe en panne de batterie à 3%, il montre des bornes de location de batteries portables disponibles partout, même dans les petites rues, ce qui lui sauve la mise.
La vidéo se termine par une réflexion sur la solitude du voyageur. Bien qu'il ait rencontré des dizaines de personnes, Xiao avoue que le voyage en solo est une "montagne russe émotionnelle".
Pourquoi courir ? À la fin de sa traversée du Taklamakan, il est presque déçu que ce soit fini. Il réalise que ce n'est pas la destination (Kashgar) qui comptait, mais le fait de repousser ses limites chaque jour.
L'invitation au voyage : Son message final est une invitation à ne pas se fier aux préjugés. Il encourage ses spectateurs à aller voir le monde par eux-mêmes, soulignant que la Chine l'a changé et lui a offert une perspective qu'aucun livre ou reportage n'aurait pu lui donner.
Souhaitez-vous que je développe davantage une zone géographique spécifique (comme les montagnes du Tian Shan) ou un aspect technique de son équipement ?
Parfois, le voyage à vélo ne se résume pas à des paysages de carte postale, mais à une lutte acharnée contre le métal et la poussière. Xiao, en pleine traversée de la Chine, nous livre une masterclass de mécanique de survie. Retour sur un périple où le "multi-tool" était plus précieux que le passeport.
Tout commence dans les montagnes du Yunnan. Un craquement sec, et c’est le drame : la vis de cheminée du pédalier sectionnée. En théorie, c’est le point final du voyage. En pratique, c’est là que l’ingéniosité chinoise entre en scène. Dans un bouge mécanique de village, Xiao déniche une vis de fortune pour 1 $. Armé de son fidèle ruban adhésif noir pour compenser le jeu mécanique, il repart. Une réparation de "clochard céleste" qui tiendra des milliers de kilomètres.
C’était la promesse d’un voyage sans soucis, c’est devenu son pire cauchemar. Dans la fournaise du désert du Taklamakan, le système tubeless a capitulé.
"Le liquide préventif ? Inutile. Avec 48°C au sol, il sèche avant même de toucher le pneu", confie Xiao.
Après avoir enchaîné les mèches (plugs) comme on recoud une plaie de guerre, il finit par abdiquer et repasser en chambres à air. Problème : les débris métalliques restés dans la carcasse du pneu ont transformé ses nouvelles chambres en passoires. Une leçon cruelle sur les limites de la technologie moderne face aux conditions extrêmes.
Imaginez-vous au pied d'une chaîne de montagnes dont les cols culminent à 4 300 m, avec un dérailleur arrière qui refuse de coopérer. La patte de dérailleur de Xiao, tordue par les vibrations et les chocs, menaçait d'envoyer la chaîne dans les rayons à chaque changement de vitesse.
Grâce à la logistique éclair du pays, il parvient à commander un dérailleur SRAM GX de remplacement. La scène est épique : au milieu d'une salle de grimpe à Urumqi, il opère son cadre avec les moyens du bord pour que la transmission retrouve sa précision chirurgicale avant l'ascension finale.
Au terme de 5 mois, le vélo de Xiao est une relique :
Plaquettes de frein : Littéralement vitrifiées par des descentes de 150 km.
Pompe : Brisée net sous la pression d'un gonflage désespéré.
Transmission : Sauvée par une pièce commandée sur un smartphone à 3% de batterie.
L'avis de la rédaction : Le voyage de Xiao nous rappelle qu'un bon cyclotouriste n'est pas celui qui a le vélo le plus cher, mais celui qui sait transformer un bout de scotch et une vis de quincaillerie en ticket pour la liberté.