10 000 kilomètres à vélo, 32 pays européens et 18 mois sur les routes : le projet Le Tour de Moi de Mickaël Hardouin-Duparc est bien plus qu’un simple voyage à vélo. Parti de Niort le 1er août 2026 au guidon d’un vélo-cargo à assistance électrique équipé d’une véritable cellule de vie, ce Deux-Sévrien s’est lancé dans une aventure exceptionnelle qui mêle défi physique, perte de poids, voyage itinérant, santé mentale et reconstruction personnelle.
Il y a encore quelques années, une telle aventure aurait pourtant semblé totalement inaccessible. En 2023, Mickaël Hardouin-Duparc pesait 252 kilogrammes et vivait avec les contraintes physiques et psychologiques liées à une obésité massive, qui avait progressivement réduit sa mobilité, son autonomie et son horizon de vie. Aujourd’hui, après une transformation spectaculaire et près de 100 kilogrammes perdus avant même son départ, il traverse l’Europe avec un objectif aussi symbolique que concret : continuer à avancer, kilomètre après kilomètre, pour reprendre le contrôle de son existence.
Lorsqu’on découvre pour la première fois Le Tour de Moi, le chiffre de 10 000 kilomètres attire immédiatement l’attention. Traverser l’Europe à vélo sur une telle distance représente déjà un défi considérable, mais l’histoire de Mickaël Hardouin-Duparc donne à ce voyage une dimension beaucoup plus personnelle, puisque chaque kilomètre parcouru s’inscrit dans une transformation commencée plusieurs années avant le départ.
Le Tour de Moi est ainsi à la fois un voyage à vélo à travers l’Europe, un défi physique, un projet de sensibilisation autour de l’obésité et de la santé mentale, mais également une démarche de reconstruction personnelle destinée à montrer qu’une situation qui paraît parfois figée peut évoluer lorsque l’on décide de reprendre progressivement le contrôle de sa vie.
Le nom du projet résume d’ailleurs parfaitement cette philosophie : Mickaël fait le tour de l’Europe, mais il entreprend également un véritable tour de lui-même, de son histoire, de ses limites et de la personne qu’il souhaite désormais devenir.
Pour comprendre ce que représente aujourd’hui le voyage de Mickaël, il faut revenir en 2023, lorsqu’il atteint le poids de 252 kilogrammes et constate que son corps occupe désormais une place considérable dans toutes les décisions de son quotidien.
L’obésité ne se résume évidemment pas à une donnée inscrite sur une balance, car lorsqu’elle devient importante, elle peut affecter la mobilité, la vie sociale, la confiance en soi et la santé mentale, tout en donnant progressivement le sentiment que certaines expériences ou certains projets deviennent inaccessibles.
Mickaël décrit cette période avec beaucoup de sincérité lorsqu’il explique : « Pendant longtemps, mon corps et ma santé m'ont enfermé dans une vie que je ne choisissais plus. »
Cette phrase constitue probablement l’une des meilleures clés pour comprendre la naissance du Tour de Moi, car le projet n’est pas né d’une simple envie de voyager ou de relever un défi sportif spectaculaire : il est né d’un besoin beaucoup plus profond de changer de direction et de retrouver une forme de liberté.
Plutôt que de considérer son passé comme une condamnation, Mickaël a donc décidé de construire un projet suffisamment ambitieux pour devenir une véritable source de motivation, avec une transformation physique qui allait progressivement rendre possible ce qui semblait auparavant hors de portée.
Le 1er août 2026 n’est donc pas réellement le premier jour de l’aventure, car une grande partie du chemin avait déjà été parcourue avant que Mickaël ne quitte Niort.
Pendant près de deux années, il prépare son projet tout en poursuivant sa transformation physique et, lorsqu’il prend finalement la route, son poids est descendu à environ 161 kilogrammes, soit une perte de près de 100 kilogrammes par rapport aux 252 kilogrammes de 2023.
Cette évolution constitue déjà une performance considérable, mais Mickaël s’est fixé un objectif encore plus ambitieux puisqu’il souhaite atteindre une perte totale de 132 kilogrammes.
Il serait cependant réducteur de présenter Le Tour de Moi comme une simple aventure destinée à perdre du poids, car la dimension essentielle du projet réside davantage dans la reconquête de l’autonomie et de la liberté que dans la recherche d’un chiffre précis sur la balance.
La perte de poids accompagne donc une transformation beaucoup plus large, qui concerne également la mobilité, la confiance, la capacité à voyager et la possibilité de se projeter à nouveau dans l’avenir.
Un voyage de 10 000 kilomètres à travers 32 pays nécessite évidemment un matériel adapté, et Mickaël ne pouvait pas envisager une telle aventure avec un vélo classique et quelques sacoches.
Son choix s’est porté sur un vélo-cargo à assistance électrique, capable de transporter une charge importante tout en bénéficiant d’une assistance qui permet de mieux gérer les longues distances et les différents reliefs rencontrés au cours du voyage.
Le vélo cargo est ici beaucoup plus qu’un simple moyen de transport : il constitue le centre de toute l’expédition, puisqu’il doit permettre à Mickaël de transporter ses équipements, son matériel de voyage et son espace de vie tout en restant suffisamment fiable pour affronter des milliers de kilomètres.
L’assistance électrique prend également une importance particulière dans un projet aussi long, car l’objectif n’est pas de réaliser une performance ponctuelle mais de pouvoir continuer à avancer pendant 18 mois, en adaptant l’effort aux conditions rencontrées sur la route.
La particularité du Tour de Moi ne s’arrête pas au vélo-cargo, puisque Mickaël voyage avec une cellule de vie aménagée installée à l’arrière de son vélo.
Cette petite habitation mobile lui permet de disposer d’un espace pour dormir et de conserver une importante autonomie au fil des étapes, transformant son vélo en véritable maison roulante capable de l’accompagner partout où son itinéraire le conduit.
Pour un voyage à vélo de plusieurs mois, cette autonomie constitue un avantage considérable, puisqu’elle permet de réduire la dépendance aux hébergements traditionnels et d’adapter plus librement les étapes en fonction de la progression, de la météo ou des rencontres.
Mais cette cellule possède également une dimension symbolique particulièrement forte dans l’histoire de Mickaël : alors que son corps avait longtemps contribué à réduire son espace de liberté, il transporte désormais littéralement son propre espace de vie sur les routes d’Europe.
Le samedi 1er août 2026, après des mois de préparation, Mickaël Hardouin-Duparc quitte Niort, sa ville d’origine, entouré de ses proches et de ses premiers soutiens.
Devant lui se trouvent alors 10 000 kilomètres, 32 pays et 18 mois d’aventure, avec toutes les incertitudes qu’un tel voyage peut comporter : les conditions météorologiques, les reliefs, les problèmes mécaniques, la fatigue et les imprévus qui accompagnent nécessairement une expédition de longue durée.
Derrière lui se trouve surtout un chemin déjà considérable, puisque la transformation physique et personnelle de Mickaël a commencé bien avant que les premiers kilomètres du Tour de Moi ne soient inscrits sur son compteur.
Le départ représente donc une forme de passage entre deux vies : celle dans laquelle son corps semblait décider de ses possibilités et celle dans laquelle il choisit désormais lui-même sa direction.
Après 34 jours d’aventure, les premiers résultats permettent déjà de mesurer la réalité de l’effort accompli.
Mickaël a parcouru 930,9 kilomètres à vélo, avec un dénivelé positif cumulé de 7 307 mètres, tandis que sa perte de poids globale atteint désormais 95,4 kilogrammes.
Ces chiffres sont particulièrement impressionnants lorsqu’on les replace dans le contexte d’un voyage à vélo cargo, puisque chaque kilomètre est parcouru avec un équipement conséquent et une cellule de vie, tout en nécessitant une organisation quotidienne qui dépasse largement celle d’une simple sortie cycliste.
Le dénivelé est lui aussi révélateur des contraintes rencontrées sur la route, car les 7 307 mètres de montée représentent une succession de côtes et de reliefs qui viennent solliciter aussi bien les jambes que le mental.
Quant aux 95,4 kilogrammes perdus, ils témoignent de l’ampleur de la transformation engagée par Mickaël depuis 2023.
Le Tour de Moi est désormais entré dans une nouvelle dimension avec le franchissement de la frontière française.
Mickaël se trouve actuellement en Belgique, dans la province de Hainaut, du côté de Mons, où il poursuit le deuxième chapitre de son aventure, intitulé « Les Marches de l’Occident ».
Cette première étape internationale possède une valeur particulière puisqu’elle marque concrètement le début du tour d’Europe à vélo imaginé pendant plusieurs années.
La Belgique n’est toutefois que la première étape d’une aventure qui doit conduire Mickaël dans 32 pays, avec à chaque fois de nouvelles routes, de nouveaux paysages, de nouvelles cultures et probablement de nouvelles rencontres.
À l’échelle d’un voyage classique, traverser 32 pays est déjà un projet ambitieux ; à vélo, en transportant son propre logement et en voyageant pendant 18 mois, le défi prend une tout autre dimension.
L’un des aspects les plus intéressants du Tour de Moi est la volonté de Mickaël de montrer la réalité de la vie sur les routes, sans transformer son aventure en simple succession de photographies de paysages magnifiques.
Sur son site et ses réseaux sociaux, il partage aussi bien les moments heureux que les difficultés rencontrées au quotidien, qu’il s’agisse d’une panne mécanique, d’une journée particulièrement fatigante, d’une météo défavorable ou d’un moment de doute.
Cette transparence donne une dimension particulièrement humaine au projet, car un voyage de 10 000 kilomètres ne peut évidemment pas être constitué uniquement de moments parfaits.
Il faut accepter les journées où les kilomètres semblent longs, celles où le vent ralentit considérablement la progression, celles où une côte paraît interminable et celles où le mental doit prendre le relais lorsque le corps commence à montrer des signes de fatigue.
C’est précisément dans ces moments que la notion de résilience prend tout son sens.
Même si Mickaël est celui qui pédale physiquement chaque jour, Le Tour de Moi est progressivement devenu une aventure collective grâce à la communauté qui suit son parcours sur Internet.
YouTube, Instagram, TikTok, Facebook et Strava permettent aux personnes intéressées de suivre les différentes étapes du voyage, de découvrir les paysages traversés et de comprendre les réalités quotidiennes d’une expédition de longue durée.
Les messages reçus constituent également un soutien important, notamment lorsque les journées sont difficiles ou que les conditions de route deviennent compliquées.
À leur manière, les personnes qui suivent Le Tour de Moi font donc partie de l’aventure, même si elles ne sont pas physiquement présentes sur les routes européennes.
Cette communauté permet également de donner davantage de portée au message porté par Mickaël autour de l’obésité, de la santé mentale, de l’acceptation de soi et du dépassement des limites que l’on peut parfois s’imposer.
Une expédition de cette ampleur nécessite également un soutien matériel et technique important, et plusieurs partenaires ont décidé d’accompagner Mickaël dans son projet.
Parmi eux figurent Terre de Running, Passion Velomobile, Spring, FDG Automobiles, EBAC Literie et La Météo de Max, qui participent chacun à leur manière à la réalisation de cette aventure.
Sur une distance de 10 000 kilomètres, la fiabilité du matériel devient essentielle, car le moindre problème technique peut avoir des conséquences importantes sur l’organisation d’une étape et sur la progression générale du voyage.
Le Tour de Moi repose donc sur un véritable écosystème autour de Mickaël, avec le vélo, la cellule de vie, les équipements, les partenaires et la communauté qui suivent l’aventure au fil des kilomètres.
L’un des objectifs majeurs du Tour de Moi consiste également à changer le regard porté sur l’obésité.
En racontant son histoire et en montrant sa transformation, Mickaël rappelle qu’une personne ne peut pas être réduite à son poids et que l’obésité doit aussi être considérée dans ses dimensions sociales et psychologiques.
Son parcours permet de parler de la perte de mobilité, du regard des autres, de la confiance en soi et de la santé mentale, autant de sujets qui peuvent être difficiles à aborder lorsque la discussion se limite aux chiffres affichés sur une balance.
Le Tour de Moi offre donc une autre perspective : celle d’un homme qui, après avoir connu une période où son poids limitait fortement son quotidien, construit aujourd’hui un projet qui l’emmène sur les routes de plusieurs dizaines de pays européens.
Le message de Mickaël dépasse également largement la question du poids.
À travers son aventure, il souhaite montrer que la santé mentale mérite d’être prise en considération lorsqu’on parle de transformation personnelle, car les difficultés physiques peuvent souvent s’accompagner de découragement, d’isolement ou d’une perte progressive de confiance.
En partageant son expérience sans masquer les difficultés, Mickaël souhaite également rappeler qu’il est possible de demander de l’aide, de parler de ses problèmes et surtout de croire qu’une nouvelle trajectoire reste envisageable.
Le Tour de Moi devient ainsi une sorte de campagne de sensibilisation itinérante, dans laquelle chaque kilomètre parcouru donne une nouvelle occasion de parler de résilience et de dépassement de soi.
Lorsque l’on regarde l’objectif global de 10 000 kilomètres, la distance peut sembler presque vertigineuse.
Pourtant, Mickaël ne parcourt pas 10 000 kilomètres en une seule fois : il avance étape après étape, journée après journée, en ajoutant progressivement quelques dizaines de kilomètres à un compteur qui finira, s’il atteint son objectif, par afficher cinq chiffres.
Cette progression constitue une métaphore particulièrement forte de sa transformation personnelle.
Il n’a pas perdu près de 100 kilogrammes en quelques jours et n’a pas reconstruit sa vie en quelques semaines. Le changement s’est produit progressivement, grâce à une succession d’efforts et de décisions qui ont fini par rendre possible le départ du Tour de Moi.
La même logique s’applique désormais au voyage : une journée après l’autre, un pays après l’autre, une frontière après l’autre.
Le Tour de Moi possède une dimension géographique très précise, puisqu’il doit traverser 32 pays européens, mais son véritable itinéraire est beaucoup plus difficile à représenter sur une carte.
Il passe par la confiance retrouvée, l’autonomie, l’acceptation de soi et la capacité à imaginer un avenir différent.
Mickaël ne cherche pas à effacer les années difficiles qui ont précédé son départ ; il cherche plutôt à démontrer qu’elles ne doivent pas nécessairement déterminer tout ce qui viendra ensuite.
C’est probablement pour cette raison que son aventure dépasse le cadre du cyclisme.
Elle peut parler aussi bien aux passionnés de voyage à vélo qu’aux personnes confrontées à l’obésité, à celles qui traversent une période difficile ou à tous ceux qui ont déjà eu le sentiment que leur situation était trop compliquée pour pouvoir changer.
Après 930,9 kilomètres, le Tour de Moi est encore loin de son objectif final et plus de 9 000 kilomètres restent à parcourir.
Il faudra franchir de nouvelles frontières, affronter de nouveaux reliefs et probablement gérer de nombreux imprévus, car aucun itinéraire de 18 mois ne peut être totalement écrit à l’avance.
Mais l’essentiel est peut-être déjà accompli.
Mickaël est parti.
Il roule.
Il avance.
Et surtout, il a démontré qu’une situation qui semblait autrefois l’empêcher de bouger n’a pas nécessairement le dernier mot.
À travers ses 10 000 kilomètres à vélo, Mickaël Hardouin-Duparc ne cherche finalement pas uniquement à battre une distance ou à atteindre un objectif sportif.
Son véritable défi consiste à montrer qu’il est possible de reprendre progressivement le contrôle de sa vie, de transformer son rapport à son corps et de construire un avenir différent malgré les difficultés rencontrées auparavant.
Le vélo-cargo est devenu son moyen de transport, sa maison roulante et son compagnon de route, mais il représente surtout un symbole de mouvement et de liberté retrouvée.
En 2023, Mickaël pesait 252 kilogrammes.
En 2026, il quitte Niort pour traverser l’Europe.
Entre ces deux dates, il y a près de 100 kilogrammes perdus, des années de préparation et une quantité considérable de travail physique et mental.
Et maintenant, il y a la route.
Une route de 10 000 kilomètres.
Une route qui traversera 32 pays.
Une route qui durera 18 mois.
Mais surtout, une route qui permet à Mickaël de reprendre progressivement le contrôle de son histoire.
Le Tour de Moi n’est donc pas seulement un tour d’Europe à vélo : c’est le récit d’une renaissance, racontée au fil des kilomètres, des rencontres et des coups de pédale.
Et si la destination finale reste encore lointaine, une chose est déjà certaine : le plus difficile n’était peut-être pas de parcourir les premiers kilomètres.
C’était de décider bien de partir.