Le Hase Pino est un tandem semi‑couché hybride allemand qui se place à la croisée entre tandem, vélo couché et vélo‑cargo. Conçu par le fabricant Hase Bikes, il permet à deux personnes de rouler tout en offrant un confort, une polyvalence et une simplicité d’utilisation que peu de vélos du marché égalent.
Pour rester proche de tes 4 000 mots, je vais développer le Pino de façon très détaillée : concept global, position de conduite, cadre/télescopique, transmission/brides, roues/roulements, éclairage/accessoires, versions (Allround, TOUR, CARGO, STEPS), usage pratique (voyage, famille, handicap), avantages/inconvénients et anecdotes de voyageurs.
Concept global : qu’est‑ce qu’un Pino ?
Le Hase Pino est un tandem à étages : le pilote (capitaine) reste à l’arrière, debout ou légèrement surélevé, tandis que le passager se trouve à l’avant dans une position reclined, très proche d’un vélo couché. Cette configuration renverse la logique classique des tandems, où le passager est à l’avant et a tout juste une vision limitée à la roue avant. Ici, les deux personnes voient le paysage presque au même niveau, avec une excellente visibilité et une impression de “vélo couché pour deux”.
L’appellation “semi‑couché” vient du fait que seul le siège avant est vraiment incliné ; le pilote conserve une position plutôt droite, avec guidon, freins et dérailleur dans l’alignement habituel d’un vélo. Cette architecture permet d’allier le confort de la position couchée au pilotage classique en arrière, ce qui est idéal pour les longues balades, le voyage et les situations où l’un des deux cyclistes a des limitations physiques.
Position de conduite et position des personnes
Le pilote se place à l’arrière sur un siège “semi-couché” de type VTT, plus horizontal qu’un vélo de route mais moins incliné qu’un vélo couché pur. Il dispose du guidon, des freins à disque hydrauliques et des commandes de vitesse (généralement Shimano Deore/Deore XT ou Alfine dynamique sur certains modèles), avec un pédalier classique côté droit et gauche. Sa position axialisée sur le prolongement de la chaîne principale lui donne un excellent contrôle du train arrière, ce qui facilite l’équilibre et le pilotage à haute charge.
L’intérêt pour le pilote est d’avoir une vision dégagée du côté passager (pas de visage ni de dos dans le cône d’observation immédiate), ainsi qu’une forte stabilité sur les accélérations et les démarrages lourds, notamment en centre‑ville ou en pente avec un enfant ou un chargement sur le plateau avant. Le fait de garder la direction à l’arrière rend aussi la géométrie plus simple à appréhender pour quelqu’un habitué aux vélos solo.
Le passager à l’avant est installé dans un siège Mesh ultra‑confort, avec une couverture complète de l’arrière et des bonnets latéraux qui emprisonnent légèrement l’utilisateur sans l’étrangler. Ce type de siège est récurrent dans la communauté vélo couché pour sa légèreté, sa respirabilité et son support lombaire, et il est justement utilisé par Hase pour le Pino. L’inclinaison est suffisante pour détendre les ischiatiques et la colonne, tout en restant éloignée de la pure “chaise longue” agressive des couchés très bas.
À noter : le passager n’est pas obligé de pédaler. Il peut figer le pédalier avant, se laisser tirer et profiter du paysage sans effort, ce qui est une aubaine pour les personnes à mobilité réduite ou pour les enfants. Si la personne veut participer, un système de pédales avant réglable donne une longueur de manivelle plus courte (souvent 165 mm) adaptée à une position couchée, et le freinage séparé permet de se sentir en sécurité sans intervenir sur le guidon.
Le positionnement à l’avant offre aussi une excellente interaction : les deux individus peuvent discuter, se regarder à l’occasion et même échanger des objets (bouteille, appareil photo, téléphone) sans contrainte spatiale. Pour un tandem de voyage ou familial, ce souci d’ergonomie du “deux” est rarement aussi bien pensé.
Cadre télescopique et géométrie
La particularité technique majeure du Pino est son cadre entièrement télescopique, en aluminium 7005/6061 selon les générations et les versions. La longueur du vélo peut évoluer d’environ 184 à 245 cm (selon la source et l’équipement), avec une largeur comprise entre 60 et 80 cm et une hauteur de 83 à 125 cm. L’empattement se dilate de 118 à 154,5 cm, ce qui permet de passer d’un vélo très compact à un tandem de voyage ultra‑long.
Ce télescopage sert à trois choses :
• Transport sur porte‑vélos : en rétractant le cadre, on arrive à une longueur proche d’un VTT classique, ce qui permet de le poser sur un porte‑vélo arrière de voiture sans adaptation spéciale.
• Réglage de la place à l’avant : selon que l’on met un enfant, un adulte compact ou deux adultes lourds, le plateau avant peut être plus ou moins avancé et la chaîne avant peut être allongée pour éviter les tensions et inverses.
• Répartition des charges : plus le cadre est étiré, plus le poids passe vers l’arrière et crée une tendance au transport plus stable à l’arrière, tandis qu’une base courte colle plus l’axe avant sous le siège pour maximiser le confort en ville.
La zone de raccord se fait via une gaine renforcée (coulisse métallique) qui glisse dans un manchon principal. Le serrage se fait via un boulon de tension avec côte de serrage et une clé Allen, souvent accompagné d’un système de réglage fin des rouleurs ou des guidon pour contrôler l’alignement de la roue avant à chaque changement de longueur. Les constructeurs de vélos couchés insistent sur le fait que cette technologie, bien lubrifiée et contrôlée, reste extrêmement robuste sur le long terme, car l’effort musculaire ne passe pas directement dans le télescopage mais dans les doubles chaînes.
Transmission, chaînes et gestion de puissance
Le Pino utilise un principe en pédalier tandem à roue libre incorporée à l’arrière, qui gère la contribution des deux pilotes. En configuration standard, on trouve :
• Pédalier avant : 165 mm, avec une roue libre intégrée permettant au passager de pédaler ou de rester passif.
• Pédalier arrière : 170 mm, directement lié à la transmission principale et aux changements de vitesse.
La plupart des modèles sont équipés d’un système Shimano Deore 30 vitesses (triple plateau x cassette 10–11 dents) ou d’un Alfine dynamique (boîte de vitesses sans dérailleur, idéale en ville), selon que l’on soit sur une version Tour, Allround ou Steps. La plage de développement est énorme, ce qui explique pourquoi les long‑distance tourers considèrent le Pino comme un tandem sérieux pour les grands itinéraires : on peut descendre très bas pour grimper les cols avec deux personnes + matériel, tout en gardant un haut rapport pour les descensions et les grands plats.
Deux grandes chaînes sont à surveiller :
1. La chaîne arrière : de la pédale arrière au moyeu arrière. Elle supporte l’essentiel de l’effort principal.
2. La chaîne avant : de la pédale avant jusqu’au boîtier arrière (ou à un bras intermédiaire). Cette chaîne est plus légèrement tendue et certes plus visible que sur un vélo monopiste mais reste bien compartimentée dans la section frontale.
Les plus grosses versions (Cargo, STEPS) utilisent aussi un moyeu arrière tandem spécifique Hase + jantes à double paroi + rayons inox Sapim, ce qui permet d’envoyer jusqu’à 220–225 kg de charge utile sans risquer de vokening ou de rupture structurelle dans des conditions raisonnables. Cette capacité de charge fait du Pino un très bon compromis entre cargo lourd et tandem de voyage.
Roues, fourche, freinage et pneus
Les dimensions de roues du Pino sont atypiques : 26” à l’arrière, 20” à l’avant. Cela déstructure les codes habituels des vélos couchés (souvent 26–26 ou 29–20), mais apporte des avantages concrets. La roue arrière en 26” reçoit un pneu à profil “route/aventure” (généralement Schwalbe Marathon ou Monkey around 50 × 559), tandis que l’avant reste en 47 × 406 (20”) pour maintenir une direction réactive et légère.
La fourche avant est un suspension fork type Spinner 300 (énorme showroom‑style), avec une course modérée et une tige en acier qui absorbe les coups de trottoir, les pavés et les clous de chemin forestier. Cette fourche est lourde mais très résistante, et elle est souvent montée sur un guidonnage spécifique à tube de direction renforcé pour bridger convenablement les efforts liés à une charge parfois centrale sur la courbure.
Concernant le freinage, les modèles récents sont presque tous tombés sur freins à disque hydrauliques (Tektro HD‑M750, SRAM Guide, Shimano MT) avec des disques de 160 à 200 mm, ce qui est largement suffisant pour un tandem de 150–180 kg avec charge. La mise en charge se fait de la barre arrière, avec une répartition proche de celle d’un vélo solo, mais l’inertie plus grande impose une prise de frein progressive — d’autant que la présence du siège recouvert devant impose d’alerter le passager lors de freinages violents.
Les pneus sont typiquement à trame de nylon avec bouclier antiperforation intégré, et les jantes à double paroi assurent à la fois rigidité latérale et un bon maintien de la pression (généralement autour de 3–3,5 bar, ce qui est très confortable). La robustesse de l’ensemble pneus/jantes renforce l’idée d’un vélo “tout‑terrain urbain” : capable de rouler gravier, chemin forestier et routes secondaires sans effondrement, même chargé en jus.
Éclairage, accessoires et configuration “famille / voyage”
Le Hase Pino est disponible en plusieurs versions, mais ils partagent une logique commune d’équipement. Sur une version Allround / TOUR, on rencontre généralement :
• Éclairage dynamo via moyeu Shutter Precision / SON, allumant un phare avant B+M (ex. IQ‑x ou similaire) et une lumière arrière intégrée au porte‑bagages.
• Garde‑boues complets (SKS, quelquefois Ursus) enveloppant les 26” et 20”. Ici, contrairement à beaucoup de couchés