Le monde du vélo vit son propre feuilleton

Le duel entre la vieille école mécanique et les nouveaux dieux électroniques. Autrefois, les câbles grinçants et les dérailleurs capricieux faisaient partie du charme — une danse imparfaite mais humaine entre le cycliste et sa machine. Aujourd’hui, place au règne des Shimano Di2 et SRAM AXS XPLR, des groupes sans fil qui changent de vitesse avec la précision d’un chef de brigade. Un clic, et la chaîne obéit sans broncher, qu’il pleuve, qu’il vente ou que la montée pique les mollets.  

Les performances sont redoutables : ajustement automatique, fiabilité inébranlable, rapidité bluffante. Le gravel et la route haut de gamme en raffolent. Finis les câbles encrassés et les manettes capricieuses ; bienvenue aux batteries et aux applis connectées. Mais tout progrès a son prix : tarifs délirants, compatibilités limitées, obsolescence qui rôde. Les mécaniques, elles, reculent doucement dans l’ombre, chéries encore par les puristes, les restaurateurs de cadres Cannondale ou les romantiques du cliquetis d’antan.  

Un complot ? Non, juste un business qui roule à plein régime, dopé par des ventes en flèche et des pros tout-électro. Le futur du vélo s’annonce précis, performant, et… un peu moins poétique.