Pour sauver Kona de la faillite et d'une potentielle liquidation, les fondateurs originaux, Dan Gerhard et Jake Heilbron, ont racheté l'entreprise au groupe Kent Outdoors en mai 2024.
Ce sauvetage est intervenu après deux années tumultueuses sous la direction de Kent Outdoors, marquées par une gestion inadaptée à la culture de la marque, une crise de surstockage post-pandémie et un incident public embarrassant lors du salon Sea Otter Classic où le stand de la marque avait été démonté juste avant l'ouverture.
Voici les mesures clés prises par les fondateurs pour redresser l'entreprise :
Restructuration commerciale et arrêt du D2C : L'une des premières décisions fortes a été de suspendre les ventes directes aux consommateurs (D2C) pour recentrer la stratégie sur le réseau de près de 1 000 revendeurs locaux indépendants en Amérique du Nord et en Europe. Ils considèrent ces détaillants comme leurs alliés les plus précieux pour restaurer la confiance des clients.
Nouvelle politique tarifaire : Les fondateurs ont mis fin aux pratiques de rabais excessifs, comme les promotions « un acheté, un offert » (BOGO), qui avaient dévalorisé la marque. Grâce à une structure privée plus flexible et rationalisée, ils visent désormais à proposer des prix plus compétitifs tout en garantissant une meilleure valeur à long terme.
Réengagement des talents historiques : Pour reconstruire l'entreprise, ils ont réembauché des employés clés qui avaient été licenciés ou étaient partis, notamment dans les secteurs du marketing, de l'informatique et de la gestion de produits.
Soutien des fournisseurs : Ils se sont appuyés sur des relations de longue date avec des partenaires industriels, comme Fairly Bikes (partenaire depuis 1988), pour sécuriser la production et le lancement de nouveaux modèles, tels que le Gravel Ouroboros.
Retour aux valeurs fondamentales : Le projet « Kona 3.0 » marque un retour aux racines de la marque : une entreprise décalée, orientée vers les cyclistes et gérée de manière organique, loin de la structure corporate rigide qui avait échoué à intégrer l'esprit de Kona.
Selon les sources, ce rachat rapide, conclu en seulement deux semaines, a été motivé par le désir des fondateurs de ne pas « laisser tomber » leurs employés, leurs revendeurs et les usines qui comptaient sur eux. Bien que des défis subsistent, notamment en termes de service après-vente et de gestion des garanties accumulées, le retour des fondateurs est perçu comme une lueur d'espoir pour la survie de cette marque iconique.